close search

Comment pouvons-nous vous aider ?

Top recherches

Emploi
Radiologie
Physiotherapie
Oncologie
Apprentissage
Direction
Gynécologie
Ergothérapie
Radiothérapie
Irm
Neurologie
Neurochirurgie
  • Home
  • Blog
  • La myopie : un enjeu de santé pour nos yeux
08.10.2026

La myopie : un enjeu de santé pour nos yeux

La myopie est aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur. Ce trouble de la vision connaît une progression fulgurante à l’échelle mondiale. Comprendre ses mécanismes, ses facteurs de risque, ses conséquences et les moyens de la prévenir est essentiel, tant pour les patients que pour les professionnels de santé.

Qu’est-ce que la myopie ?

La myopie est un trouble visuel (amétropie) très fréquent : on voit bien de près, mais flou de loin. Il s’agit de l’amétropie la plus fréquente dans le monde, en constante augmentation. En 2015, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait que 50% de la population mondiale serait myope à l’horizon 2050. Cela engendre de multiples problématiques : coût représenté par la prise en charge des troubles de la vision à grande échelle et coûts liés aux pathologies potentiellement cécitantes induites par la forte myopie. Limiter la progression de la myopie de 1 dioptrie (D) suffirait à réduire de 40% le risque de complications oculaires.

Sur le plan anatomique, la myopie résulte d’un œil trop long (myopie axile) ou trop puissant (myopie d’indice). L’image d’un objet éloigné se forme alors en avant de la rétine, ce qui entraîne une vision floue de loin.

On distingue plusieurs degrés de myopie :

  • Faible : jusqu’à -3 D 
  • Modérée : de -3 D à -6 D
  • Forte : au-delà de -6 D, souvent associée à des complications oculaires.

Pourquoi y a-t-il de plus en plus de myopes ?

L’augmentation de la myopie est multifactorielle. Des facteurs génétiques peuvent en partie l’expliquer : les enfants de parents myopes ont plus de risque de l’être (augmentation du risque x3,3 avec 1 parent myope et x6,4 avec 2 parents myopes). Cependant, l’étude de facteurs génétiques expliquerait seulement 18% de l’hérédité de la myopie.

Les facteurs environnementaux influencent grandement le développement de la myopie, surtout avec notre mode de vie actuel. En effet, l’usage prolongé des écrans, les activités en vision de près (lecture, travail sur ordinateur…) et le manque d’exposition à la lumière naturelle sont des facteurs déterminants. La pandémie de COVID-19, conditions idéales au développement de ce mode de vie, a conduit à une forte augmentation de cas de myopie chez les enfants durant cette période de confinement.

Quelles conséquences sur l’œil ?

La myopie n’est pas qu’un défaut visuel. Lorsqu’elle est qualifiée de myopie forte (au-delà de -6D), elle peut s’accompagner de modifications anatomiques de l’œil, augmentant le risque de pathologies oculaires :

  • Glaucome : pression intraoculaire élevée menaçant le nerf optique
  • Dégénérescences rétiniennes périphériques avec risque de décollement rétinien : la rétine étant plus étirée, plus fine et donc plus fragile
  • Cataracte précoce
  • Dégénérescences maculaires

Il est donc essentiel d’effectuer un fond d’œil dilaté régulièrement chez les patients présentant une forte myopie pour dépister d’éventuelles lésions asymptomatiques.

Importance du dépistage

Plus la myopie débute tôt dans l’enfance, plus le risque de développer une forte myopie à l’âge adulte est élevé, en lien avec la croissance oculaire. Des études ont montré que si un enfant débute une myopie entre l’âge de 3 et 6 ans, il risque d’avoir une myopie d’environ -6D à l’âge de 11 ans. En revanche, s’il débute une myopie à partir de 7 ans, celle-ci serait d’environ -4D à 11 ans.

Il est donc indispensable de dépister une myopie chez les enfants en réalisant des contrôles ophtalmologiques réguliers incluant mesure de la réfraction sous cycloplégie (mesure de la correction optique après l’instillation de gouttes bloquant temporairement l’accommodation) et mesure de la longueur axiale (longueur de l’œil).

Prévention et ralentissement de la myopie

La première évidence est d’avoir une correction visuelle adaptée. La myopie se corrige par :

  •  Le port de lunettes ou de lentilles correctrices avec des « verres concaves ». Une réfraction sous cycloplégie est essentielle pour une prescription fiable, surtout chez l’enfant. La sous-correction n’est pas recommandée, car elle pourrait favoriser l’évolution de la myopie.
  • La réalisation de chirurgie réfractive (LASIK, PKR, SMILE, implants phake…) possible uniquement à l’âge adulte et si la myopie est stabilisée depuis plus de 2 ans.

S’ajoute à cela des mesures environnementales pour éviter la progression de la myopie. Même si la physiopathologie complète reste partiellement comprise, certaines habitudes de vie ont montré une efficacité préventive sur l’évolution de la myopie :

  • Passer du temps en extérieur (au moins 2 heures/jour) à la lumière du jour
  • Favoriser la vision de loin régulièrement
  • Garder une distance de 30 à 40 cm lors du travail de près
  • Limiter le temps d’écran, notamment chez les jeunes enfants

Il est important de consulter régulièrement un ophtalmologue afin de suivre l’évolution de la myopie en réalisant une réfraction sous cycloplégie et une mesure de la longueur axiale. L’évolution des courbes de longueur axiale en fonction de l’âge permettront d’estimer le risque de myopie forte à l’âge adulte.

En cas d’évolution de la myopie, il peut alors être proposé des mesures freinatrices :

  • Le port de verres spéciaux : intégrant des zones de défocus myopique périphérique limitant l’allongement de l’œil.
  • Le port de lentilles souples spécifiques : intégrant des zones de défocus myopique périphérique (lentilles Mysight de Cooper Vision, lentilles Acuvue Abiliti de Johnson & Johnson).
  • L’orthokératologie : port nocturne de lentilles rigides qui modifie la courbure de la cornée pendant le sommeil et permet de s’affranchir du port de correction optique le jour.
  • L’instillation de gouttes spécifiques d’Atropine diluée : même si le mécanisme d’action n’est pas complètement compris, l’Atropine agirait sur les récepteurs muscariniques de l’œil et permettrait une augmentation de la quantité de lumière présente au niveau de la rétine périphérique, une freination de l’accommodation et aurait une action pharmacologique sur la croissance sclérale.

Ces traitements sont prescrits par l’ophtalmologiste et sont associés à un contrôle ophtalmologique régulier (tous les 6 à 12 mois).

Recherche et innovation

La lutte contre la myopie s’intensifie :

  • Mise en place de campagnes de dépistage et de sensibilisation dans plusieurs pays
  • Développement de centres spécialisés comme l’Institut de la Myopie à la Fondation Rothschild à Paris, qui conduisent des études de recherche clinique pour mieux comprendre et prévenir cette épidémie visuelle.

En conclusion

La myopie est aujourd’hui une épidémie silencieuse, aux conséquences potentiellement graves à long terme. Il est possible d’agir dès l’enfance pour en freiner l’évolution, grâce à une combinaison de bonnes habitudes visuelles, de dispositifs innovants et d’un suivi ophtalmologique régulier.

Victoire Hurand, MD

Notre spécialiste en ophtalmologie

Med. pract. Victoire Hurand

Après un parcours réussi en ophtalmologie et en ophtalmochirurgie au sein des Hôpitaux universitaires de Dijon et de Beaune (France), Victoire Hurand, MD a décidé d’élargir sa spécialisation au sein du réseau Swiss Visio.

Toujours soucieuse de perfectionner ses compétences, elle s’est spécialisée en chirurgie réfractive à la Fondation Rothschild, a obtenu plusieurs diplômes inter universitaires (cornée, contactologie, rétine médicale, chirurgie réfractive et inflammation oculaire), un master de recherche et l’European Board of Ophthalmology.

Depuis janvier 2024, elle poursuit sa formation d’ophtalmochirurgie en tant que cheffe de clinique au sein de Swiss Visio. Elle offre ses services en consultation d'ophtalmologie, y compris les urgences, sur les sites de Montchoisi, de Chavannes et de Palézieux village.

  • Home
  • Blog
  • La myopie : un enjeu de santé pour nos yeux